Le Casio

Le Casio

Carnaval accusé de tous les maux de la cité

Ca a été chose faite, de par l’audience ô combien théâtralisée du Casio, et ce tribunal très olé-olé qui n’a pas laissé l’ombre d’une chance au mécréant en le clouant au pilori.

Comment d’ailleurs eût-il pu en être autrement au vu de l’énumération longue comme un jour sans pain des méfaits de toutes sortes commis par le prévenu ? Témoin oculaire de cette bonne tranche de rigolade, la confrérie royale gôniotique n’a pas perdu une miette du procès. Quant à l’Harmonie municipale, elle ne sera pas restée les bras ballants, s’ingéniant à donner le bon tempo au début de soirée. Le personnage douteux aura alors passé l’arme à gauche par la volonté des jurés, allant de plus améliorer l’ordinaire des nécrophages. La morale est sauve, on ne trouble pas impunément la vie sociétale sans en pâtir lourdement. Pauvre de lui quand même. Que le dieu de la fête ait son âme !

Nous, membres de la Société inébranlable, Camerlingues du Casio, Dauphins de la Mère Folle, Princes des Fous, Membres de la Confrérie des Vilains, Grands dignitaires de l’Ordre Royal Gôniotique, Détenteurs des traditions des Enfants de vile et des Gais Gaillardons, après réquisitoire de notre Commissaire rapporteur Brûle Moustache, membre du Casio, assisté de notre greffier hors classe Pellachni. Après enquête et interrogatoire de plusieurs commères, fillaudes, concierges et ribaudes, avons relevé contre cet Escholier du Diable dit Carnaval, les griefs couchés ci-après :

Ivrogne et grand humeur de piots, bambocheur invétéré, noceur sans retenue, luxurieux protagoniste de partouzes, salopiot.

Il a aveuglé les automobilistes à coups de flash!

Il a voulu faire reconstruire le toboggan !

Il a mis tous ses oeufs dans le même panier de l’Élan !

Il a fait hurler les sirènes pour faire peur aux cancouarnes !

Il a posé sa collection de bouchons dans tous les carrefours de la ville !

Il a repeint le skate-park à la gouache !

Il a nettoyé le pont de Bresse pour accueillir les ventres jaunes !

Il a cherché sa bobine dans les vieilleries du Vox !

Il a organisé une course cycliste dans les couloirs de bus !

Il a voulu acheter de l’aligoté au vieux centre commercial de la ZUP !

Il a recouvert les immeubles de l’Aubépin avec du carton gris !

Il est entré en politique avec des roulements de mon tambour !

Il est monté dans la grande roue pour compter les trains arrivant à l’heure !

Il a voulu planquer ses sous dans le quai de le Monnaie !

Il a embrassé la secrétaire du Comité des fêtes !

Il a prévu d’élargir son harem en incluant dans sa cour les reines du Grand Chalon!

Il veut agrandir le circuit du défilé au Grand Chalon et aller de Saint loup de Varennes à Demigny!

Il a posé des bouts de ferraille rouillée sur l’avenue Nièpce !

Il a commandé de la neige au lieu des confettis pour le premier tour du défilé!

Il a mis du cheval dans le moteur du bus à haut niveau de solitude!

Il a décidé de faire maigre pour déclarer l’état de grâce !

Il a débloqué des crédits pour l’amicale des casse-pieds!

Pour toutes ces raisons par nous débagoulés, attendu que le printemps arrive avec le chant des oiseaux. Etant bien avéré que le Carnaval a cent autres meschiefs sur la conscience, qu’on ne peut avoir nulle confiance en lui et qu’il a marché à grand renfort de pieds dans toutes les vies orgieuses . Nous Teupeunalait premier membre du Casio et Brule Moustache commissaire rapporteur général de la société inébranlable des enfants de vile et de la taverne, l’avons condamné à être berné, beurdollé, gaulé, sauté à la couverte et dansé dans toutes les rues, impasses, coins, places et carrefours de l’ancienne Cabillonum . Décidons de le livrer aux mains de l’exécuteur des hautes ouvres de notre bonne ville de Chalon en requérant contre l’ivrogne personnage toutes les foudres de la justice. Dimanche soir il sera transporté sur le pont Saint Laurent puis le feu au derrière, il sera jeté dans la Saône au son des fifres, tambours et orphéons.

Pour copie conforme : Pellachni, greffier hors classe Pia d’treuffes, aide greffier, Et tous les gaillardons de la ville.